Inspirez-vous d’un bon investisseur

Gérez encore mieux vos fonds en suivant un investisseur astucieux et expérimenté

Il était une fois un chef d’entreprise débordé. Obligé de déléguer de plus en plus, son entreprise semblait lui échapper un peu plus chaque jour. Il considérait avec une sorte de mélancolie les premières années de son entreprise. Les années de galère et de persévérance. Pourtant, Eric (la personne en question) s’en est très bien sorti. Au fil des ans, l’entreprise est devenue une machine bien huilée, le personnel travaillant comme un seul homme, et les résultats sont devenus excellents.

Une excellente base pour passer à la phase suivante. Une phase de croissance plus ambitieuse, également appelée phase de maturité. Malheureusement pour Eric, il s’est brusquement retrouvé – tout comme de nombreux collègues entrepreneurs – en pleine récession. Je ne veux pas parler de la période actuelle, mais de celle d’il y a environ 15 ans. Il souhaitait se développer mais avait besoin pour cela du soutien de sa banque. La bonne relation qu’il entretenait avec elle ne fut pas suffisante et lorsqu’il se présenta à l’agence pour obtenir l’injection de capitaux nécessaires à son entreprise, sa demande fut refusée. Il quitta la banque sans comprendre ce refus. Pour dire les choses clairement : à cette époque, aucune banque ne l’accueillit les bras ouverts.

Il réussit cependant à trouver un financier. C’est justement la phase qu’il a traversée qui m’a inspiré et illustre parfaitement le rôle des investisseurs privés, qui apportent une aide aux entreprises souvent plus modestes. C’est de l’un de ces investisseurs, dans ce cas un champion de la finance, que je souhaite parler aujourd’hui dans cet article. Un investisseur astucieux, qui se démarque du paysage financier et dont de nombreuses sociétés ont profité.

Malheureusement, de nombreux préjugés existent encore vis-à-vis du « private equity » (titres non cotés). Le private equity ne bénéficie pas d’une bonne renommée. Il est pourtant indéniable que les entreprises financées de manière privée obtiennent de meilleurs résultats que des entreprises comparables cotées en Bourse. Je vais traiter aujourd’hui un cas intéressant en éclairant pour vous les coulisses d’un investisseur universellement respecté, qui n’est pas un inconnu pour moi. Les investisseurs qui achètent des actions de David Gladstone, peuvent participer dans l’une de ses filiales.

Des sauveurs

La mauvaise renommée du « private equity » provient de la mauvaise image véhiculée par certains, selon laquelle ces investisseurs passeraient en réalité une corde au cou des entreprises dans lesquelles ils participent, se consacrant uniquement à la maximisation du cash-flow (vite prélevé) au lieu de créer de la valeur. Les études ont montré que cette image ne correspondait pas à la réalité. Sur une période de 20 ans, 241 entreprises partiellement ou entièrement entre les mains d’un investisseur equity ont été étudiées. La participation moyenne s’est élevée à trois ans et demi, avec pour conséquence une revalorisation importante. En moyenne, la valeur d’une telle entreprise a été multipliée par  2,72 fois. Dans 80 % des cas, cela a été causé par une croissance du volume et dans 20 % par une augmentation de la marge, souvent en réduisant les coûts. Un aspect encore plus remarquable est qu’en période de récession (la période à laquelle Eric a frappé aux portes des investisseurs privés) la croissance est encore supérieure de 34 % par rapport aux participations de private equity dans des périodes économiquement plus favorables. On constate souvent que les entreprises familiales font preuve d’une plus grande loyauté vis-à-vis du patron. David Gladstone fait habilement usage de ce fait. Les entreprises familiales stables sont bien vues auprès de ces investisseurs, surtout lorsque ces entreprises possèdent un caractère innovant et qui les distingue. Une entreprise orientée sur la croissance peut fortement se développer dans un marché en récession, à condition que des capitaux suffisants soient présents au moment opportun. Ce capital coûte cependant plus cher que ce que la banque fournit en général. Mais… l’étude précitée montre que des personnes comme David Gladstone tirent deux moutures d’un même sac. Lisez plus loin comment Gladstone fonctionne et comment nous pouvons en profiter, en tant qu’investisseurs.

Présentation de David Gladstone

« We understand customers’ needs. If we like the business and want to help them in a certain way, we can use any of our tools.”

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David Gladstone est le fondateur de l’entreprise du même nom. Je reviendrai plus tard sur la structure de son entreprise et comment les différentes entités interagissent. David Gladstone est un nom incontournable dans le business. Il se distingue par son intégrité, son expérience, ses connaissances et ses solutions financières créatives pour ses « clients ». La créativité et l’ingéniosité sont des aspects très importants dans le développement de solutions de prêts.

Gladstone a commencé sa carrière, entre autres, chez Allied Capital Corporation. Un grand nom aux États-Unis ! Il a exercé des fonctions de premier plan chez Capital Automotive, The Riggs National Corporation et The Riggs Bank. Il a été « trustee » à l’université de Washington University et a fait parti de plusieurs grandes organisations comme le ‘Listings and Hearings Committee of the National Association of Securities Dealers’ en le ‘Advisory committee to Women’s Growth Capital Fund’. Ce dernier fournissait des prêts aux entreprises dirigées ou possédées par des femmes. Gladstone possède un Master MBA, décerné par la prestigieuse Harvard Business School et est co-auteur de deux livres : Venture Capital Handbook and Venture Capital Investing. Un état de service impressionnant!

A propos du manuel “Venture Capital Investing”: This 485-page textbook is the authority on lending money to small businesses. It’s required reading for anyone in the industry. More than 500 money-lending firms use this book to educate their investment teams. And more than 60 business schools use this book in their investing and entrepreneurship classes. 

Des prêts astucieux 

Maintenant que nous connaissons mieux les antécédents de David Gladstone, intéressons-nous à sa méthode de travail et sa façon de penser. Je veux parler à nouveau de la « structure ADN » d’une entreprise. L’ADN personnel de David ne nous intéresse pas. Peu importe si ses yeux sont bleus ou marrons… mais sa manière de penser et de gérer son entreprise est beaucoup plus intéressante. Les points cruciaux sont : les facultés spécifiques d’une entreprise, les possibilités futures, la vision, la stratégie et la position financière. Voici les piliers et les conditions d’une entreprise forte, base d’un investissement judicieux.

Structure de l’entreprise

Les trois entités sont gérées par Gladstone Management Corp. Une entreprise non cotée en bourse, dirigée par Gladstone en personne, Terry Lee Brubaker, David Dullum (GLAD), Bob Cutlip (GOOD)

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Gladstone Capital (Nasdaq: GLAD)

L’élément le plus ancien de la structure Gladstone fait déjà partie du portfolio de Capitalissime. Comme nous l’avons déjà mentionné dans cet newsletter, des prêts seniors sont fournis à des entreprises de petite taille. En tant que Business Development Company, GLAD ne paye pas d’impôt sur les sociétés lorsqu’au moins 90 % du bénéfice est transmis aux actionnaires. L’action GLAD est actuellement à $7,40 et avec un dividende mensuel de $0,07, le rendement de dividende atteint 11,35%.

Vous pouvez lire l’article sur GLAD

Gladstone Investment (Nasdaq: GAIN)

GAIN peut être comparé avec Gladstone Capital, mentionné ci-dessus, à la différence qu’il s’agit ici de prêts plus risqués. Dans un certain nombre de cas, Gladstone participe dans la société via l’achat d’actions privilégiées. Nous n’intégrons par l’action GAIN dans le portfolio.

Gladstone commercial (Nasdaq: GOOD)

Voici l’entité dont je reprends l’action dans le portfolio de Capitalissime. GOOD est actif depuis 2003 dans le secteur de l’immobilier commercial et industriel. GOOD est un REIT. Ou plutôt un Real Estate Investment Trust. Un REIT possède des biens immobiliers et fournit dans de nombreux cas des prêts hypothécaires. J’en dirai plus à ce sujet ultérieurement. GOOD travaille avec des transactions ‘sale-and-lease back’. Gladstone achète le bien immobilier et le met ensuite en leasing au vendeur. GOOD reverse chaque mois $0,125 et réalise ainsi actuellement un rendement de dividende de 11,3% (le cours est de $13,23). Au cours des dernières années, le dividende est monté jusqu’à 12,5 cents par action!

“We do not finance Wal-Marts”, dixit David Gladstone. Ces derniers temps, beaucoup a été écrit sur David Gladstone. David ne passe pas inaperçu ! Les grandes sociétés obtiennent plus facilement de l’argent que les plus petites entreprises (familiales). Lorsqu’un jeune entrepreneur, dans lequel David croit, recherche un emplacement, il peut utiliser les différents services de Gladstone. Voilà toute l’astuce de la structure business de Gladstone : il est possible de solliciter un crédit que David fournit et, dans certains cas, Gladstone participera (temporairement) dans l’entreprise. Mais les choses ne s’arrêtent pas là. Pour le siège de l’entreprise, Gladstone peut acheter un immeuble et ensuite le louer. Mais il est également possible que Gladstone achète le bien immobilier d’une entreprise existante et le mette ensuite en leasing. Les entrepreneurs peuvent également acheter eux-mêmes un immeuble et solliciter une hypothèque chez Gladstone.

“We understand customers’ needs” est une autre phrase qui illustre la manière dont Gladstone opère. Lorsque un business nous inspire confiance et que nous souhaitons aider un entrepreneur, nous mettons alors en jeu tous les instruments possibles dont nous disposons. Nos clients n’ont pas besoin d’immenses immeubles professionnels. La valeur transactionnelle moyenne est d’environ 5 millions de dollars, dans une classe de 3 à 15 millions de dollars.

Vous pouvez également lire l’article à propos de GOOD.

J’ai voulu esquisser ici un aperçu clair de David Gladstone. Lorsqu’il s’agit d’argent, Gladstone peut donc aider une entreprise de différentes manières. Cela peut faire le bonheur d’une entreprise, mais cela cache également un risque. L’entrepreneur peut avoir un couteau sous la gorge et devenir dépendant. Comme je l’ai déjà mentionné, le private equity ne bénéficie pas toujours d’une bonne presse. L’intégrité de Gladstone est soulignée dans de nombreuses publications. Par le passé, il a dénoncé une situation intolérable chez un de ses employeurs, en prenant pour cela des risques personnels. Au final, il a été unanimement loué pour cette action. L’intégrité et la compétence financière caractérisent David Gladstone.

REIT (Real Estate Investment Trust)

 “REITs that pay out nearly all of their rental income to shareholders, can provide a much-needed cushion in a roller-coaster market.”

Un REIT peut se traduire de manière simplifiée en « trust d’investissement dans l’immobilier ». Au sein de la structure de son entreprise, David Gladstone a créé une entité séparée dédiée au REIT. En effet, pour obtenir le statut de REIT, au moins 75 % du chiffre d’affaires doit provenir du revenu sur des hypothèques fournies et des revenus locatifs de biens immobiliers. De plus, au moins 90% du cash-flow est reversé aux actionnaires, sous forme de dividendes. Une vraie machine à dividendes donc! En environ 50 ans, le REIT est devenu un facteur important de l’économie américaine. Dans les 10 dernières années, la valeur des REIT est passée de 90 milliards à 200 milliards de dollars! La forme du REIT a depuis été adoptée dans le monde entier et joue un rôle de plus en plus grand dans l’économie mondiale.

Déjà en 1960, le congrès a créé le REIT, afin d’ouvrir l’accès au marché de l’immobilier aux investisseurs plus modestes. Les investisseurs institutionnels et les particuliers fortunés formaient un réseau fermé et il fut décidé que ce marché devait être accessible à tout le monde. Une bonne affaire pour les investisseurs dans les Dividendes élevés que nous sommes. En 1986, la séparation entre la possession et le management de biens immobiliers fut levée. Les gestionnaires de biens immobiliers – surtout commerciaux – tirent beaucoup d’argent des revenus locatifs. La possession et la gestion sous le même toit rapporte en fait beaucoup plus. Gladstone aussi voit ainsi ses revenus augmenter et fait partie des 83 % des REIT qui en tirent profit.

 

Loïc

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Ecrit par Loïc R.J.

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